Face aux abus, aux rémunérations insuffisantes et aux conditions de travail difficiles auxquels sont confrontées de nombreuses travailleuses domestiques, l’Association pour la défense des droits des aides ménagères domestiques (ADDAD Guinée) a lancé, ce lundi 19 octobre 2026, un atelier de formation de deux jours à la Maison du Paysan de N’Zérékoré. Une cinquantaine de jeunes femmes prennent part à cette initiative destinée à renforcer leurs connaissances juridiques et à promouvoir de meilleures conditions de travail.
Souvent reléguées au second plan et exposées à diverses formes de vulnérabilité, les aides ménagères sont au cœur d’une initiative visant à faire reconnaître leurs droits et à améliorer leur protection dans l’exercice de leur métier.
C’est dans cette dynamique que l’ONG ADDAD Guinée a officiellement ouvert, ce lundi 19 octobre, un atelier de formation consacré aux droits et devoirs des travailleuses domestiques. La cérémonie s’est déroulée à la Maison du Paysan de N’Zérékoré, en présence de plusieurs acteurs concernés par la défense des droits des femmes et des travailleurs.
Pendant deux jours, une cinquantaine de participantes, venues de différents quartiers de la ville, seront outillées sur plusieurs thématiques essentielles. Les modules abordés portent notamment sur les dispositions du Code du travail guinéen relatives aux aides ménagères, la Convention n° 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail décent pour les travailleurs domestiques, ainsi que les règles d’hygiène, la garde des enfants et les techniques culinaires.
La formation prévoit également des échanges sur les recours possibles en cas de mauvais traitements, de harcèlement ou de non-paiement des salaires. La gestion des revenus modestes et les pratiques d’épargne figurent aussi parmi les compétences à renforcer.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la présidente d’ADDAD Guinée, Martine Haba, a remercié les autorités et les autres personnalités présentes avant d’insister sur la nécessité de reconnaître la dignité des travailleuses domestiques: « Une aide ménagère n’est pas une esclave. C’est une travailleuse à part entière qui mérite respect et salaire décent », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les réalités observées à N’Zérékoré révèlent des situations préoccupantes, marquées notamment par de faibles rémunérations, l’absence de repos et de congés, ainsi que des violences physiques dans certains foyers.
Pour la responsable associative, cette formation constitue une occasion de rappeler aux participantes qu’elles disposent de droits qu’elles doivent connaître afin de mieux se protéger et de faire valoir leurs intérêts.
Au-delà de la formation, un plaidoyer pour l’application des lois
Les témoignages recueillis sur place ont donné une dimension particulière à la rencontre. Plusieurs participantes ont évoqué les difficultés rencontrées dans leurs lieux de travail, illustrant la nécessité de renforcer la sensibilisation des employeurs et des travailleuses domestiques.
Dans son intervention, Martine Haba a appelé les employeurs à considérer les aides ménagères avec respect et humanité, en leur accordant notamment des périodes de repos adaptées. Elle a plaidé pour que les jours de repos puissent être discutés avec les travailleuses, plutôt que de leur être imposés sans concertation.
La présidente d’ADDAD Guinée a également interpellé les autorités sur l’application effective des textes protégeant cette catégorie de travailleuses. Elle a particulièrement insisté sur la Convention n° 189 de l’OIT, ratifiée par la Guinée, dont la mise en œuvre demeure, selon elle, un défi: « Il ne s’agit pas seulement de ratifier des lois, mais de veiller à leur application effective dans le pays », a-t-elle souligné, appelant les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires pour garantir le respect des dispositions en vigueur.
Elle a, par ailleurs, invité les organisations de la société civile à intensifier les actions de vulgarisation des textes juridiques et les initiatives de plaidoyer afin que les travailleuses domestiques connaissent davantage leurs droits.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet national d’ADDAD Guinée consacré à la professionnalisation du métier d’aide ménagère. À terme, l’organisation ambitionne de favoriser la création d’une association locale des aides ménagères à N’Zérékoré et de promouvoir l’adoption de contrats de travail types, susceptibles de mieux encadrer les relations entre employeurs et employées.
Les travaux prendront fin ce mardi 20 octobre 2026, avec l’espoir de voir émerger une meilleure connaissance des droits des travailleuses domestiques et un engagement accru en faveur de conditions de travail plus dignes.
Alphonse Philippe TRAORÉ Correspondant Regional Africaturemedia.com
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