N’Zérékoré, 4 août 2026 – La sous-préfecture de Palé, située à une cinquantaine de kilomètres de N’Zérékoré, fait une nouvelle fois face aux conséquences de la dégradation de ses infrastructures routières. À chaque saison des pluies, les habitants redoutent l’effondrement du pont de Tohonyala, construit sur la rivière du même nom entre Pamporé et Palé. Cette année, leurs craintes se sont malheureusement confirmées.
Le dimanche 2 août 2026, jour du marché hebdomadaire de Palé, une partie de l’ouvrage a cédé, immobilisant durant plusieurs heures des véhicules de transport et de nombreux commerçants. Cette interruption de la circulation a fortement perturbé les échanges commerciaux et l’approvisionnement de cette localité, reconnue pour son important potentiel agricole.
Face au risque d’un isolement total de la sous-préfecture, les autorités locales, les présidents de district, les chefs de secteur, les sages ainsi que les jeunes se sont mobilisés pour renforcer provisoirement le pont à l’aide de madriers en bois.
Interrogé par notre correspondant basé à N’Zérékoré, le sous-préfet de Palé, Ciné Traoré, a salué l’engagement de la population. Il explique que, depuis le lancement des travaux, les habitants des différents districts se relaient bénévolement pour transporter les madriers, consolider le pont et réparer les portions de route les plus dégradées.
« Depuis 8 heures, nous sommes sur le terrain. Nous sommes allés chercher les bois à près de huit kilomètres d’ici. Je remercie sincèrement la jeunesse, les présidents de district, les conseillers et toute la population de Palé pour cet engagement volontaire. Il n’y a pas de développement sans volontariat », a-t-il déclaré.
Le représentant de l’État reconnaît toutefois que ces efforts communautaires ne suffisent plus face à l’ampleur des dégâts.
« Il y a des travaux que nous pouvons réaliser avec nos propres moyens, mais d’autres nécessitent d’importantes ressources financières. C’est pourquoi nous lançons un appel au gouvernement, au préfet, au gouverneur, au ministre en charge de l’Aménagement du territoire ainsi qu’aux ressortissants de Palé vivant ailleurs, afin qu’ils soutiennent le développement de notre sous-préfecture », a plaidé le sous-préfet.
Même constat du côté de Dankoly Haba, président du district de Palé II, qui estime que les populations ont atteint les limites de leurs capacités.
« Les travaux nous ont énormément fatigués. Aujourd’hui, nous demandons au gouvernement de financer un projet de reprofilage de la route Pamporé–Palé. De nombreux dalots réalisés avec des tuyaux sont aujourd’hui complètement dégradés. Il faut construire de véritables ouvrages de franchissement sur les rivières et améliorer également les pistes rurales reliant Palé aux villages environnants », a-t-il sollicité.
Le maire de la commune urbaine de Palé, Moussa II Lamah, rappelle également les importants sacrifices consentis par les habitants ces dernières semaines. Selon lui, les populations de trois villages ont participé à la coupe et au transport de quatre grands madriers de dix mètres destinés à renforcer le pont. Le transport du bois a nécessité une dépense de plus de 2,3 millions de francs guinéens, tandis que le reste des travaux a été réalisé grâce au volontariat des habitants et au soutien de quelques ressortissants de la localité.
« Nous avions également installé plusieurs supports sous le pont, mais les fortes pluies de la nuit dernière les ont déplacés. Sous le poids d’un véhicule, une partie de l’ouvrage a de nouveau cédé », a regretté le maire.
Pour l’autorité communale, seule la construction d’un ouvrage moderne permettra de résoudre durablement le problème.
« La solution passe par la réalisation d’un double dalot en béton armé. Le débit de cette rivière est très important pendant l’hivernage. Les solutions provisoires ne résistent plus aux intempéries », a insisté Moussa II Lamah.
Au-delà des difficultés de circulation, les conséquences économiques deviennent particulièrement préoccupantes pour cette zone à vocation agricole. Les producteurs peinent à acheminer leurs récoltes vers les marchés, entraînant d’importantes pertes.
« Les produits agricoles arrivent difficilement sur les marchés. Les bananes, les avocats et plusieurs autres récoltes pourrissent parfois avant même d’atteindre leur destination. C’est un impact très négatif pour nos producteurs », a déploré le maire.
Cette nouvelle dégradation du pont de Tohonyala relance le débat sur l’urgence d’investir dans des infrastructures routières durables afin de désenclaver la sous-préfecture de Palé et de préserver son activité
Alphonse Philippe TRAORÉ N’zérékoré, pour Africaturemedia.com
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