À Gounagalaye, localité située dans la région de N’zérékoré, le témoignage d’une femme dont l’âge est estimé à 144 ans suscite l’intérêt et ravive les souvenirs d’une époque révolue. Gobou Goumou, présentée comme la doyenne de la communauté, raconte son parcours de vie tout en décrivant les difficultés auxquelles sont confrontés les habitants de cette localité.

Selon son récit, Gobou Goumou a traversé plusieurs décennies de l’histoire de la Guinée. Elle affirme avoir été désignée comme responsable de la communauté sous le régime du président Ahmed Sékou Touré, malgré le fait qu’elle n’ait jamais fréquenté l’école.
« Je suis mère de deux enfants, mais ils sont tous les deux décédés. Je vis aujourd’hui avec mes petits-enfants. À l’époque, il n’y avait pas de Blancs en Guinée, c’étaient des intellectuels africains qui étaient présents. Je n’ai jamais été à l’école, mais lorsque Sékou Touré est arrivé au pouvoir, on m’avait nommée comme maire de Gounagalaye. Je n’ai pas duré longtemps à ce poste. Après l’arrivée des Blancs, j’ai été remplacée », témoigne-t-elle.
Malgré son âge avancé, la doyenne assure mener une vie relativement paisible grâce au soutien de ses petits-enfants. Elle évoque toutefois les changements intervenus au fil des années et déplore l’absence de visites officielles.
« Malgré mon âge avancé, je vis bien grâce à mes petits-enfants qui me soutiennent. La vie d’avant et celle d’aujourd’hui sont très différentes. Aujourd’hui, je ne vois plus très bien, mais je suis en bonne santé. Depuis que je suis ici, je n’ai reçu aucune visite des autorités », déplore Gobou Goumou.
Des besoins sociaux toujours importants
Au-delà du parcours de cette femme, la situation de Gounagalaye révèle les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les populations. Le manque d’infrastructures de base constitue l’une des principales préoccupations des habitants.

Le sage du village, Togbayo Traoré, se réjouit de la longévité de Gobou Goumou, tout en attirant l’attention sur les besoins urgents de la communauté.
« Je suis d’abord heureux de la situation de notre maman, qui est la plus vieille de cette communauté. Cependant, les habitants vivent dans des conditions difficiles. Nous n’avons pas de forage, pas d’électricité et pas d’hôpital. Nous manquons également d’écoles », explique-t-il.
Selon lui, le village dispose seulement d’une école de cinq classes encadrée par cinq enseignants. Face à l’absence de structures sanitaires, les habitants sont souvent contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour accéder aux soins.
« Lorsque nos enfants tombent malades, nous sommes obligés de prendre un taxi pour les conduire jusqu’à Gouécké. Les femmes enceintes souffrent également beaucoup de cette situation », poursuit le sage.
Un appel aux autorités
Face à ces difficultés, les responsables communautaires appellent les autorités, les institutions publiques et les partenaires au développement à accorder davantage d’attention à Gounagalaye.
Ils souhaitent notamment la construction d’un centre de santé ou d’un hôpital, l’installation de forages, la construction de nouvelles salles de classe, ainsi que l’extension de l’électricité dans la localité.
À travers le témoignage de Gobou Goumou et les préoccupations exprimées par les habitants, Gounagalaye rappelle ainsi les défis auxquels restent confrontées certaines communautés rurales en matière d’accès aux services sociaux de base.
Alphonse Philippe TRAORÉ N’zérékoré, pour Africaturemedia.com
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