Pendant trois jours, autorités locales, services déconcentrés, organisations de la société civile et représentants communautaires ont été réunis à Guéckédou pour renforcer leurs capacités en matière de migration, de protection des personnes et de coopération transfrontalière.
À Guéckédou, une formation de trois jours a réuni 80 acteurs locaux autour des enjeux liés à la mobilité transfrontalière, à la protection des migrants et au renforcement de la coopération entre les communautés du Bec du Perroquet.
La question migratoire s’impose avec une acuité particulière dans les espaces frontaliers. Dans ces territoires où les populations circulent au quotidien entre plusieurs pays, la gestion des mouvements migratoires nécessite des réponses concertées, adaptées aux réalités locales et fondées sur une meilleure connaissance des mécanismes de protection.
C’est dans cette perspective qu’un séminaire de formation s’est déroulé du 6 au 8 août 2026 à Guéckédou, dans le cadre du projet « Information, Protection et Collaboration entre Migrants et Populations Locales au Bec du Perroquet ». L’activité a été initiée par l’Organisation Guinéenne pour la Lutte contre la Migration Irrégulière (OGLMI), avec le financement de l’Union européenne, avec l’appui technique de l’OIM Nigeria. Elle vise à consolider la collaboration entre les différents intervenants dans la gestion des migrations à Guéckédou et, plus largement, dans cette zone transfrontalière qui englobe des territoires de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone.
80 acteurs mobilisés autour des enjeux migratoires.

- Pendant trois jours, 80 participants, repartis en 04 cohortes (pour une durée de 12 jours, soit 03 jours pour chacune), issus de différentes composantes de la société locale, ont pris part aux travaux. Les services déconcentrés de l’État, les organisations de la société civile, les associations de ressortissants du Libéria et de la Sierra Leone, les représentants des femmes et des jeunes ainsi que les présidents des conseils de quartier figuraient parmi les participants.
La diversité des profils représentés a permis de croiser les expériences et les points de vue sur les réalités de la mobilité transfrontalière. Les échanges ont également porté sur les moyens de mieux coordonner les interventions et de renforcer la protection des personnes en déplacement.
Trois jours consacrés à la connaissance et à la protection

Les travaux ont été organisés autour de plusieurs thématiques, progressivement abordées au cours des trois journées.
La première journée a porté sur le cadre migratoire, les différents acteurs impliqués et les droits humains. Les participants ont ainsi été amenés à mieux comprendre les principes qui encadrent la gestion des migrations et les responsabilités des différents intervenants.
La deuxième journée a été consacrée au rôle des acteurs, à la communication et à l’intégrité, avec un accent mis sur l’importance d’une collaboration responsable et d’une circulation efficace de l’information.
Enfin, la troisième journée a abordé les questions relatives à la protection, au signalement et à l’élaboration d’un plan d’action. Ces échanges ont permis de dégager des pistes concrètes pour améliorer les mécanismes d’orientation et de prise en charge des situations nécessitant une intervention.
Les autorités locales saluent l’initiative

Présidant la cérémonie, le Préfet de Guéckédou a souligné l’importance d’une telle initiative pour les populations du Bec du Perroquet. La formation, selon l’Inspecteur Général de Police, Général Kandja Mara, constitue une opportunité pour les acteurs locaux, de mieux appréhender les questions migratoires et de contribuer à une gestion plus efficace de la mobilité dans cette zone.
De son côté, le chef de projet, Faya Irénée MOUNDEKENO, a présenté les objectifs de l’initiative ainsi que le déroulement des activités prévues au cours des trois jours. Il a notamment mis en avant la nécessité de renforcer les capacités des acteurs directement concernés par les problématiques migratoires.
À la clôture des travaux, le Chef de cabinet du préfet a, pour sa part, invité les bénéficiaires à partager les connaissances acquises. Il les a exhortés à ne pas conserver les enseignements de la formation dans le seul cercle des participants, mais à les restituer au sein de leurs communautés respectives.
La cérémonie de clôture a également été marquée par la remise des attestations de participation aux bénéficiaires.
Vers un dialogue transfrontalier plus soutenu

Au-delà de l’acquisition de nouvelles connaissances, le séminaire a permis aux participants de formuler plusieurs recommandations. Ils ont notamment plaidé pour l’organisation régulière de sessions de formation, afin d’élargir progressivement le nombre d’acteurs sensibilisés aux enjeux migratoires.
Une autre proposition forte a été faite : la mise en place de tables rondes réunissant les communautés de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone. L’objectif serait de créer des espaces de dialogue propices à la compréhension mutuelle, à la prévention des tensions et au renforcement de la paix dans les zones frontalières.
Ces recommandations traduisent la volonté des acteurs locaux d’inscrire la gouvernance migratoire dans une dynamique plus participative. Dans le Bec du Perroquet, où les mouvements de populations sont une réalité quotidienne, la circulation de l’information, la protection des migrants et la coopération entre communautés apparaissent comme des éléments déterminants.
La coordination, un enjeu majeur dans le Bec du Perroquet

La rencontre de Guéckédou intervient ainsi dans un contexte où la mobilité transfrontalière impose aux autorités, aux organisations de la société civile et aux communautés de travailler davantage en synergie.
Le renforcement des compétences ne constitue qu’un premier pas. La mise en réseau des acteurs, le partage régulier d’informations et l’instauration de cadres de concertation entre les communautés restent essentiels pour apporter des réponses coordonnées aux défis liés aux migrations.
À travers ce séminaire, les organisateurs entendent donc contribuer à l’émergence d’une gouvernance migratoire davantage structurée dans le Bec du Perroquet. Une démarche qui place à la fois l’information, la protection des personnes et le dialogue entre les communautés au cœur de la réponse aux enjeux de mobilité transfrontalière.
SAA Edouard TINGUIANO
Gueckedou , pour Africaturemedia.com
(+𝟐𝟐𝟒) 𝟔𝟐𝟏 𝟐𝟓 𝟎𝟖 𝟓𝟎
« Le Numérique de l’Info fiable ».
















