Un violent incendie a endeuillé la ville de Lola, en Guinée forestière, dans la matinée du mardi 9 juin, au quartier Kpèlè-Koly. Le sinistre a coûté la vie à une mère de famille de sept enfants et provoqué d’importants dégâts matériels, estimés à plus de 75 millions de francs guinéens, selon les autorités locales.
Interrogé par notre correspondant régional basé à N’zérékoré, le président du Conseil de quartier de Kpèlè-Koly, Yakouba Kourouma, est revenu sur les circonstances de ce drame: « Il était environ 7 heures du matin. Je me préparais à accompagner ma fille à l’école, lorsque j’ai entendu des cris provenant d’une concession voisine. Je me suis immédiatement rendu sur les lieux. À mon arrivée, les flammes avaient déjà envahi les bâtiments et une épaisse fumée s’élevait dans le ciel », a-t-il expliqué.

Selon Yakouba, les habitants du quartier se sont rapidement mobilisés pour tenter de maîtriser l’incendie. Pendant plusieurs heures, femmes, jeunes et autres volontaires ont participé aux opérations de secours en l’absence de moyens adaptés: « Notre priorité était d’abord d’éteindre le feu. J’ai aussitôt alerté les services de sécurité, notamment la gendarmerie et la police, qui sont intervenus rapidement. Malheureusement, aucun camion de sapeurs-pompiers n’était disponible pour nous assister. Ce sont les populations qui ont réussi à maîtriser les flammes grâce à leur courage et leur solidarité », a-t-il ajouté.
D’après les premiers témoignages recueillis sur place, l’incendie serait parti d’un accident domestique. La victime, commerçante spécialisée dans la vente d’essence au marché local, était en train de reconditionner du carburant dans des bouteilles lorsqu’une autre femme préparant le repas des enfants aurait allumé un réchaud à gaz à proximité. La présence de vapeurs d’essence aurait alors provoqué une brusque flambée: « La personne qui a allumé le gaz a immédiatement constaté l’ampleur du danger et s’est mise à crier avant de prendre la fuite. Dans la confusion, personne ne s’est rendu compte que la propriétaire de la maison se trouvait encore à l’intérieur », a relaté le responsable local.
Après plusieurs heures de lutte contre les flammes, les autorités administratives et sécuritaires, notamment le préfet, la gendarmerie, la police et les responsables communaux, se sont rendues sur les lieux. Une fois l’incendie maîtrisé, les recherches ont permis de découvrir le corps sans vie de la victime à l’intérieur de l’habitation entièrement calcinée: « Tout ce qui se trouvait dans la maison a été réduit en cendres. Nous avons retrouvé la victime à l’intérieur du bâtiment après l’extinction du feu », a indiqué Yakouba Kourouma.
Outre les pertes matérielles, les flammes ont également détruit une importante somme d’argent estimée à plus de 75 millions de francs guinéens. Selon les informations recueillies, il s’agissait notamment de fonds appartenant à des associations locales, des groupes de tontine et d’épargne communautaire que la victime devait remettre le jour même.
Le corps de la défunte a été pris en charge par les services de santé avant son inhumation le même jour, après la prière de 14 heures.
Face à cette tragédie, le président du conseil de quartier appelle les populations à renforcer les mesures de sécurité dans les habitations, particulièrement lors de la manipulation de produits inflammables. Il exhorte également les autorités à doter la préfecture de moyens de lutte contre les incendies, notamment de camions de sapeurs-pompiers: « Cet incendie s’est produit en pleine journée. S’il était survenu la nuit, le bilan aurait pu être encore plus lourd. Il est urgent de renforcer les capacités d’intervention pour éviter de nouveaux drames », a-t-il conclu.
Alphonse Philippe TRAORE
Lola, pour Africaturemedia.com














