GUÉCKÉDOU – Lassés d’attendre la reprise des travaux d’un pont abandonné depuis près de deux ans, les habitants du quartier Farako 2 ont décidé de passer à l’action. Ce mardi 30 juin, ils ont lancé une mobilisation communautaire, afin d’achever eux-mêmes cet ouvrage stratégique reliant Farako 2 à Farako 1.
Le chantier, initialement confié à l’entreprise ECC SARLU, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, privant les populations d’une infrastructure essentielle à leurs déplacements quotidiens. Face à cette situation, les citoyens ont choisi de prendre leur destin en main en mettant à contribution leur énergie, leur temps et leurs moyens.
Dès les premières heures de la journée, une importante mobilisation a été observée sur le site. Jeunes, femmes et hommes se sont retrouvés autour du chantier pour participer aux travaux dans un esprit de solidarité et d’entraide.

À l’origine de cette initiative, le président du bureau de la jeunesse de Farako 2, Kongui Kamano, explique que cette décision est née de la volonté des habitants de mettre un terme à une attente devenue trop longue: « Depuis près de deux ans, les travaux sont à l’arrêt et la population continue de subir les conséquences de cette situation. Nous avons estimé qu’il était temps d’agir. Notre objectif est de permettre aux habitants de circuler plus facilement et de montrer que, lorsque la communauté est unie, elle peut contribuer au développement de son quartier. »
Même enthousiasme chez Fara Moussa Kamano, membre du bureau de la jeunesse, qui se réjouit de voir la population répondre massivement à cet appel citoyen: « Je suis très satisfait de voir les jeunes, les femmes et les autres habitants répondre massivement à cet appel. Cette mobilisation prouve que la population est prête à s’investir pour l’intérêt collectif. Nous espérons que cet élan sera soutenu afin que le pont soit achevé rapidement. »

Les habitants espèrent toutefois bénéficier d’un accompagnement des autorités locales afin de mener le projet à son terme. Thérèse Yawa Tolno lance un appel aux pouvoirs publics pour soutenir cette dynamique communautaire et accélérer l’achèvement de l’ouvrage: « Nous remercions tous ceux qui participent aux travaux, mais nous lançons également un appel aux autorités. Ce pont est une infrastructure publique qui servira à toute la population. Nous souhaitons qu’elles accompagnent cette initiative jusqu’à son aboutissement. »
Pour Sia Odile Tonguino, cette forte mobilisation constitue un motif de fierté. Elle salue particulièrement l’engagement des jeunes et des femmes, dont la participation témoigne d’un véritable esprit de responsabilité collective: « C’est une grande fierté de voir les habitants se mobiliser de cette manière. je remercie très fortement les femmes et les jeunes de Farako qui ont montré leur engagement pour le développement de notre quartier. J’espère que cette solidarité permettra d’achever rapidement le pont et d’améliorer les conditions de vie de tous. »
Déterminés à aller jusqu’au bout, les habitants de Farako 2 affirment qu’ils poursuivront les travaux jusqu’à l’achèvement du pont, même en l’absence d’un appui immédiat des autorités.

Au-delà de son importance pour la circulation entre Farako 1 et Farako 2, cette initiative met en lumière la capacité des communautés à s’organiser face aux défis du développement local. Sans remettre en cause la responsabilité des pouvoirs publics en matière d’infrastructures, cette mobilisation citoyenne illustre la force de l’engagement collectif lorsqu’il s’agit de répondre à un besoin d’intérêt général.
À Guéckédou, de nombreux observateurs voient déjà dans cette action un exemple de solidarité et de participation citoyenne, susceptible d’inspirer d’autres communautés confrontées à des projets publics inachevés.
SAA Edouard TINGUIANO
Guéckédou, pour Africaturemedia.com
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