Une coalition regroupant le Bloc Libéral (BL), le Front pour l’Alternance Nationale (FAN), l’Union pour le Développement de la Guinée (UDG) et d’autres a engagé une procédure judiciaire devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Guéckédou, afin de contester les résultats des élections législatives et communales du 31 Mai dernier. Au total, huit recours ont été introduits par les formations politiques concernées.
Selon les têtes de liste des partis concernés et responsables de la coalition, plusieurs irrégularités auraient entaché le déroulement du scrutin dans certaines circonscriptions aussi bien dans la commune urbaine que dans les communes rurale de Guéckedou. Les plaignants dénoncent notamment l’expulsion de délégués de l’opposition de plusieurs bureaux de vote; des actes d’intimidation visant leurs représentants; des cas présumés de bourrage d’urnes ainsi que des falsifications de procès-verbaux et de résultats électoraux.

A la barre, Fara Gbamaye Kamano, candidat du BL de Ouendé Kénèma, est revenu sur des manquements constatés lors scrutin. « A Ouendé Kénèma, le vote a été entaché d’irrégularités. Je conteste pour des raisons suivantes : on a 73 bureaux de vote maintenant selon des remontés que j’ai eu des bureaux vote par nos délégués, le BL a eu 6537 voix et la GMD 6276. Maintenant lors de la centralisation à la CACV, ils n’ont pris en compte que 38 bureaux de vote, où j’ai eu 9 conseillers et la GMD 14 conseillers. 35 bureaux de vote ont été dissimulés. Et quand la DGE a reçu les résultats, elle a ajouté un bureau de vote pour en faire 39 et c’est ce qui m’a maintenant donné 11 conseillers et la GMD, son résultat a été réduit à 12 au lieu de 14 conseillers. On a pas eu des procès verbaux et mes délégués ont été menacés. Donc, ça reste 34 bureaux de vote et je dirai que parce que j’étais largement en tête c’est pourquoi les 34 bureaux de vote n’ont pas été pris en compte », a-t-il déclaré
D’autres requérants, comme SAA Emmanuel Tonguino, candidat du Bloc Libéral, pour la Commune Urbaine, il a réclamé l’annulation des résultats dans les localités concernées par ces irrégularités présumées. Selon lui, les manquements relevés sont de nature à remettre en cause la sincérité du scrutin et les résultats proclamés.
Face à ces accusations, la Direction Générale des Élections (DGE) a rejeté catégoriquement toute irrégularité susceptible d’affecter la crédibilité du processus électoral. Sa représentante, Mme Philomène, a affirmé que les opérations de vote se sont déroulées dans le strict respect des dispositions légales en vigueur et que les griefs soulevés par les plaignants ne sauraient remettre en cause la régularité des élections.
De leur côté, les représentants de la GMD, qui avaient également formulé plusieurs griefs dans leurs plaintes initiales, ont finalement décidé de retirer leurs recours. Ils justifient cette décision par leur volonté de préserver la paix sociale et la quiétude au sein de la préfecture.
Lors de l’audience, le Ministère public, représenté par le Procureur de la République, a lancé un appel à l’apaisement et au respect des institutions. Dans sa réquisition, le procureur Patrice Koma Koivogui, a également rappelé les exigences de bonne gouvernance qui s’imposent aux futurs élus: « Ceux qui pensaient qu’être élu maire, c’est aller voler les biens de la communauté seront vite rattrapés par la rigueur de la loi », a-t-il déclaré, soulignant que la gestion des affaires publiques doit désormais s’inscrire dans une logique de responsabilité et de transparence.
L’affaire est désormais entre les mains du président du Tribunal de Première Instance de Guéckédou, qui devra examiner les éléments présentés par les différentes parties afin de déterminer si les irrégularités alléguées sont avérées et susceptibles d’avoir influencé les résultats proclamés.

À l’issue des débats, le président du tribunal, a renvoyer les parties au mercredi 10 juin 2026 prochain pour la délibération. Maître Koulibaly, a par ailleurs ordonné le recomptage des voix dans la circonscription de Ouendé Kénéma. Le tribunal a commis à cet effet une équipe composée d’un membre du bloc libéral, de la GMD, de la DGE et du tribunal. Une mesure destinée à éclairer davantage la juridiction sur les contestations soulevées.
Le magistrat a insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale à l’issue du contentieux électoral: « Aucune voix ne sera laissée pour compte. Toutes les voix seront examinées et décidées souverainement conformément à la Loi. Vous pouvez donc compter sur le droit. Mais avant tout, c’est la paix et la quiétude qui doivent être le résultat le plus important pour tous les candidats qui étaient en compétition, et aussi pour l’ensemble de la population de Guéckédou », a-t-il rappelé devant les parties présentes à l’audience.
La décision attendue le 10 juin sera déterminante pour l’issue de ce contentieux électoral et pourrait avoir des répercussions sur la validation définitive des résultats dans certaines localités de la Préfecture de Guéckedou.
SAA Edouard TINGUIANO.
Guéckedou, pour Africaturemedia.com















