Les urnes ont parlé. Les slogans se sont tus. Les cortèges se sont dissipés. Les promesses de campagne, les alliances politiques, les rivalités partisanes, les discours passionnés et les tensions électorales appartiennent désormais au passé. Une séquence se referme. Une autre, infiniment plus exigeante, commence.
L’heure n’est plus aux conquêtes électorales. Elle est au travail!
Comme beaucoup de filles et de fils de Guéckédou, j’accueille cette nouvelle étape avec une joie sincère et un espoir assumé. Non pas parce que l’élection résout, à elle seule, les difficultés de notre commune, mais parce qu’elle offre une nouvelle possibilité d’écrire une histoire différente. Une histoire où l’action prend enfin le pas sur les discours, où les résultats remplacent les promesses et où la confiance se construit par les actes.
J’adresse ainsi mes chaleureuses félicitations au Maire, aux Conseillers municipaux et aux Députés élus de Guéckédou. Ils bénéficient aujourd’hui de la confiance populaire. Je formule le vœu qu’ils en soient dignes et qu’ils fassent de cette confiance le socle d’une gouvernance responsable, proche des citoyens et fidèle à l’intérêt général.
Mais il serait illusoire ou absurde de croire que le plus difficile est derrière eux. Au contraire, les nouveaux exécutifs communaux prennent leurs fonctions dans un contexte où les attentes sont immenses et où le droit à l’erreur se rétrécit chaque jour davantage. Les citoyens n’attendent ni miracles ni discours grandiloquents. Ils réclament simplement ce qui devrait relever de l’évidence : des routes praticables, des marchés dignes de leur vocation économique, des services publics performants, des opportunités d’emploi pour les jeunes, une administration accessible, efficace et respectueuse de tous.
En réalité, les populations ne demandent pas davantage de promesses. Elles demandent des preuves.
L’histoire enseigne une vérité simple : les mandats ne se jugent jamais à la beauté des cérémonies d’installation. Ils se jugent à la qualité des écoles construites, des routes entretenues, des marchés modernisés, des emplois créés, des investissements attirés et de la confiance restaurée. Le reste appartient aux archives des campagnes électorales…!
Après une victoire, une tentation guette souvent nos responsables publics : celle de considérer le pouvoir comme une récompense personnelle. C’est sans doute le premier piège qu’ils devront éviter.
Une mairie n’est pas un trophée politique!
Une mairie n’est pas une récompense distribuée à quelques-uns!
Une mairie est la maison commune!
C’est le premier visage de la République. C’est là que le citoyen juge concrètement l’État. C’est là que naît la confiance… ou que s’installe durablement la désillusion.
Guéckédou possède pourtant tous les ingrédients de sa réussite. Notre position géographique est stratégique. Notre activité commerciale est reconnue bien au-delà de nos frontières administratives. Notre jeunesse est entreprenante, créative et pleine d’énergie. Notre population ne manque ni de courage ni d’ambition.
Nous avons les ressources humaines!
Nous avons le potentiel économique!
Nous avons les opportunités!
Mais pourquoi alors notre développement semble-t-il toujours avancer plus lentement que nos espérances ?
La réponse ne réside pas uniquement dans le manque de moyens financiers. Elle interroge aussi la qualité de la gouvernance, la continuité des politiques publiques, la rigueur dans la gestion des ressources, la transparence des décisions et, surtout, la capacité des dirigeants à placer l’intérêt collectif au-dessus des intérêts particuliers. Voilà le véritable chantier!
Il serait toutefois injuste de faire peser toute la responsabilité sur les seuls élus. Une démocratie locale vivante ne peut exister sans des citoyens vigilants. Notre rôle est tout aussi essentiel:
Soutenir les initiatives utiles.
Encourager les bonnes décisions.
Dénoncer les dérives lorsqu’elles apparaissent.
Participer aux débats publics.
Exiger des comptes.
Refuser la résignation.
Ces exigences ne traduisent ni hostilité ni opposition systématique. Elles constituent les fondements mêmes d’une gouvernance moderne, responsable et transparente. Le soutien accordé aux nouveaux responsables ne peut donc jamais être un blanc-seing ou une » Carte blanche ». La confiance ne se décrète pas ; elle se construit. Elle ne s’impose pas ; elle se mérite. Elle se nourrit de résultats, de transparence, d’humilité et du respect scrupuleux de la parole donnée.
Pour ma part, comme beaucoup de fils et de filles de Guéckédou, j’observerai cette mandature avec bienveillance, mais sans complaisance! Je me réjouirai de chaque réussite, car elle profitera à toute la commune. Je signalerai chaque insuffisance, non pour affaiblir ceux qui gouvernent, mais parce qu’aucune collectivité ne progresse dans le silence ou l’indifférence. En réalité, la démocratie ne vit pas seulement grâce au vote des citoyens, mais aussi, grâce à leur vigilence après le vote.
Les cinq prochaines années offrent une occasion historique. Elles peuvent consacrer une gouvernance de proximité, ambitieuse, transparente et orientée vers les résultats.
Elles peuvent aussi prolonger des habitudes qui ont trop longtemps retardé l’essor de notre commune. Le choix appartient désormais aux nouveaux responsables.
Quant à nous, citoyens, nous devons rester fidèles à une conviction simple : la démocratie ne s’arrête jamais au soir d’une élection. Elle commence véritablement le lendemain. Car gagner une élection est un événement. Servir un peuple est une mission.
Et lorsque le temps aura rendu son verdict, les habitants de Guéckédou ne se souviendront ni des affiches, ni des slogans, ni des promesses de campagne. Ils se souviendront uniquement d’une chose : ce que leurs dirigeants auront réellement changé dans leur vie quotidienne. C’est là, et nulle part ailleurs, que se mesure la grandeur d’un mandat. « Les élections désignent des dirigeants ; seuls les résultats leur donnent une place dans l’Histoire. »
SAA Edouard TINGUIANO
Guéckédou, pour Africaturemedia.com
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